Culture Livres #19

Une «lecture d’été» doit-elle être futile? Au seuil de l’été, témoignage, fiction ou reportage ont pourtant bien des manières de nous attirer dans leurs filets…


L’Ange blanc
Niels Ackermann n’était pas né lors de la catastrophe de Tchernobyl. Slavoutych non plus: c’est pour loger les «liquidateurs » de la centrale qu’elle fut créée, offrant en échange de cette sulfureuse origine de belles promesses de développement – jamais tenues. C’est aujourd’hui une simple ville ukrainienne où les jeunes gens de l’âge du photographe suisse lui ont découvert leur vie, libre et colorée, leurs projets, mais aussi leur résignation devant un avenir coincé par un environnement unique au monde…
De Niels Ackermann, Noir sur Blanc, 2016, CHF 43.–

Maria Bernasconi: S’engager au féminin
Perçue comme conservatrice et lente à la détente, la politique suisse a pourtant fourni de très beaux «personnages» de femmes à l’oeuvre pour le bien commun. Maria Bernasconi est l’une d’elles, et les quinze témoins de son parcours de socialiste et de féministe le restituent sous la plume d’Anne Payot de manière directe et sans la langue de bois. La réalité de la lutte politique qui transparaît en dit long sur la force de caractère nécessaire, à Genève comme à Berne, mais le portrait n’en est pas moins chaleureux!
D’Anne Payot, Ed. Slatkine, 2016, CHF 22.–

L’Enfant du placard
Confrontée comme souvent à des questions auxquelles les parents disparus ne peuvent plus répondre, Claire voit sa vie bouleversée par l’intrusion de deux inconnus, un couple d’immigrés italiens venus travailler en Suisse dans les années 60. Le style très simple de ce premier roman semble ainsi ramener la Claire d’aujourd’hui vers son enfance, privilégiant les émotions innocentes tandis que se nouait, insoupçonné, tout près d’elle pourtant, le drame humain et social des saisonniers.
De Tiffany Jaquet, Plaisir de Lire, 2016, CHF 25.–

Condamné au bénéfice du doute
Après plus d’un demi-siècle, la fameuse affaire Jaccoud inspire toujours! Du meurtre inexplicable d’un modeste artisan par (apparemment) un ténor du barreau genevois, Pierre Béguin a retenu non pas tout ce qui en fut dit, mais ce qui en resta dans l’ombre. Les indices flous, les comportements bizarres, les demi-vérités et les arrière-pensées ont donc laissé au romancier une marge de liberté pour réinventer l’histoire d’un homme qui, brillant avocat, ne sut se défendre lui-même contre les preuves ou leurs apparences.
De Pierre Béguin, Ed. Campiche, 2016, CHF 30.–

Point de suture
Jouant habilement du double sens de ce titre, le jeune auteur explore la fratrie à la lumière de la séparation. L’un élevé par son père à Paris, l’autre par sa mère aux Etats-Unis, ils ne se retrouveront qu’à l’âge adulte: qu’est-ce qui, dans la relation faussée de Rémy et d’Arthur, relève de l’acquis, de l’inné? Le temps, le cours de la vie seront-ils alors des révélateurs de lien ou de rupture? La fragilité, pudiquement masquée sous les codes contemporains et une certaine brusquerie, habite le premier roman très réussi du jeune journaliste romand.
De Florian Sägesser, Ed. Olivier Morattel, 2016, CHF 24.–

Bonheurs gourmands au Chalet-des-Enfants
Rendez-vous bucolique des Lausannois, la ferme-auberge du Chalet-des-Enfants est un lieu à part où exploitation agricole, gastronomie et traditions sont en harmonie, hors du temps – le domaine remonte au XIVe siècle – mais très vivantes! Sa longue et riche histoire, ses généreuses recettes du terroir (détaillées ici par son cuisinier), son espace et son goût de la liberté se retrouvent intacts au fil des pages de cet album jeunesse… pour grands enfants!
Collectif, Ed. 2Suisse, 2015, CHF 29.–


EN VENTE DANS LES LIBRAIRIES PAYOT – www.payot.ch

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