Au-delà du choc provoqué par l’incendie de Crans-Montana, c’est une réalité plus silencieuse qui s’est imposée : celle des familles contraintes de s’organiser dans l’urgence, loin de chez elles. À travers son témoignage, Alexia raconte comment une chaîne de solidarité s’est mise en place, donnant naissance à l’initiative Les Étoiles Blanches, un geste collectif pour rappeler aux familles touchées qu’elles ne sont pas seules.

Témoignage d’Alexia de Skowronski
« Dans ces moments où la vie paraît suspendue, on n’imagine pas devoir consacrer temps et énergie à de telles formalités. »
Dans la nuit du 1er janvier, vers 3 heures du matin, j’ai appris la nouvelle du drame survenu à Crans-Montana par un message reçu d’une amie qui rentrait du réveillon et s’y rendait.
Le sommeil n’est pas venu, comme pour beaucoup d’autres, parce que nous savions que des amis de nos enfants se trouvaient au Constellation ce soir-là.
Le lendemain, j’ai parlé au téléphone avec Virginie de Kalbermatten, consule honoraire de France à Sion, présente à Crans-Montana et déjà mobilisée pour accompagner les familles. Virginie est mariée à un cousin de mon mari, ce qui explique que nous ayons pu échanger rapidement. Son engagement a été extraordinaire et considérable.
Rentrant à Zurich le vendredi, je lui ai proposé d’accueillir une famille si besoin. En fin d’après-midi ce même jour, elle m’a appelée pour m’annoncer qu’une famille se rendait à Zurich afin de retrouver leur fils hospitalisé, et que je pouvais les recevoir.
Face à l’urgence humaine et administrative
Les heures passées ensemble à l’hôpital, dans l’attente et l’échange, ont été intenses. Très vite, la lourdeur des démarches administratives auxquelles les parents se voyaient confrontés m’a frappée. J’ai souhaité pouvoir les alléger, dans la mesure du possible, en les accompagnant et en les aidant dans leurs démarches.
Dans ces moments où la vie paraît suspendue, on n’imagine pas devoir consacrer temps et énergie à de telles formalités. C’est ainsi que mon intervention est devenue naturellement plus engagée.
Dès le lendemain matin, l’enfant a été transféré à l’hôpital de Nantes, marquant le début d’une entraide qui allait dépasser le cadre d’une seule situation.
Des contacts se sont mis en place avec le SHOMS, le service hospitalier de l’Ordre de Malte en Suisse, puis avec l’Ordre de Saint-Jean à Nantes. Charlotte, membre de l’Ordre de Saint-Jean, qui intervient à la Maison Hospitalière de l’hôpital de Nantes, s’est occupée d’eux.
Le logement, une difficulté majeure
Très vite, une difficulté concrète est apparue : celle du logement pour des familles loin de chez elles, souvent pour une durée indéterminée.
Le dimanche soir, j’ai créé le groupe Facebook Entraide Logement : solidarité Crans-Montana, avec pour objectif de centraliser les offres et de permettre à chacun de rechercher ou de proposer des solutions d’hébergement.
À partir de là, une véritable chaîne d’entraide s’est installée.
Le lundi, les familles se sont transmis mon contact, face à un besoin d’aide administrative devenu de plus en plus pressant. Au fil des échanges, il est apparu que beaucoup préféraient finalement l’hôtel, à la fois pour préserver un minimum d’intimité et de stabilité dans un quotidien bouleversé, mais aussi pour des raisons très pratiques de proximité avec l’hôpital.
Dans ce contexte, le groupe Accor a apporté un soutien précieux en facilitant les contacts avec des établissements de son réseau et en se mobilisant pour offrir des chambres.
La naissance des Étoiles Blanches
Au-delà des aspects matériels, les conversations ont surtout révélé l’épuisement, le manque de sommeil, l’absence d’appétit et l’alternance brutale d’espoir et d’angoisse, au rythme de l’état de santé des enfants.
C’est dans ce contexte qu’une image s’est imposée : celle d’étoiles blanches, qu’elles brillent dans le ciel ou qu’elles luttent depuis un lit d’hôpital.
De là est née l’idée des Étoiles Blanches. Un geste simple, accessible à tous, pour rendre visible une présence et un soutien. La date du 14 février, jour de la Saint-Valentin, s’est imposée naturellement, non pas comme une célébration, mais comme un symbole d’amour au sens le plus large : celui qui relie, soutient et veille, même dans l’épreuve.
Porter un bonnet blanc, marcher ou courir, seul ou à plusieurs, devient alors une manière silencieuse de dire à ces familles qu’elles ne sont pas seules.
Pour concrétiser ce symbole, j’ai contacté l’entreprise française Flock You, qui a, avec beaucoup de bienveillance, créé une page dédiée permettant de commander des bonnets par lots de dix, au prix de 7 € l’unité (livraison en France uniquement).
Des familles d’une force remarquable
Ces familles traversent des moments d’une extrême violence, suspendues aux nouvelles de leurs enfants, parfois encore dans le coma, loin de chez elles et souvent avec d’autres enfants à accompagner malgré tout.
Ce qui frappe, dans ces rencontres, c’est la dignité, le courage et la résilience dont elles font preuve.
Beaucoup souhaitent aider, et peut-être que le soutien le plus juste aujourd’hui réside dans ce message collectif, discret mais profondément humain, qui leur rappelle qu’elles sont entourées.
Alexia
Comment participer à l’initiative Les Étoiles Blanches
Samedi 14 février – 10 h
▪️ Bloquez votre agenda
▪️ Préparez un bonnet blanc
▪️ Marchez ou courez, seul ou à plusieurs
▪️ Partagez une photo avec #LesEtoilesBlanches
La team Marie Claire Suisse prendra part à cette mobilisation et relayera le mouvement.

