ALIMENTATION: tendance végétale

Autour de moi, de plus en plus de connaissances modifient totalement leur manière de s’alimenter. Qu’en est-il réellement ?

Questionnement ?
Certes, adepte de longue date du marché du mercredi matin, place Python, à Fribourg, je suis très «circuit court». Mes fréquentations s’en ressentent. Toutefois, je ne rechigne en rien à une bonne viande du coin ou un délicieux poisson du lac deux à trois fois par semaine. Ce n’est plus le cas de certaines de mes amies. Quelques-unes se sont d’ailleurs passionnées pour le «veganuary», la nouvelle tendance qui a débarqué en janvier en Suisse. Exclure toute nourriture d’origine animale, même un seul mois par an, quelle drôle d’idée, non ?

En rayon et de la région
En fait, aujourd’hui, le végane est à portée de rayon de supermarché. Ainsi et entre autres, la gamme V-vegan de Migros propose des produits végétariens ou purement végétaux, tandis que la marque Veganz chez Coop se revendique à 100% végétalienne. Ce n’est donc plus du tout la croix et la bannière de s’approvisionner en denrées alimentaires compatibles avec un régime végétarien ou végane, sans parler de l’offre des magasins spécialisés indépendants. De la région maintenant: l’entreprise Alver, implantée dans le canton de Vaud et dirigée par une équipe exclusivement féminine, fabrique à partir de plantes durables toute une gamme d’aliments riches en protéines, vitamines, minéraux et lipides. Ils sont à base soit d’une microalgue, baptisée Golden Chlorella, soit de haricots mungo jaunes. Ces pâtes, soupes, barres véganes, ou encore poudres protéinées que l’on peut facilement mélanger à tous les plats du quotidien sont commercialisées en ligne ou dans les pharmacies et les magasins bio.

De la créativité à gogo
Rachel Jungo a son stand de soupes et pâtisseries sucrées-salées sur le marché où j’ai mes habitudes. Elle m’éclaire sur le sujet: «Je travaille en fonction de la saison, à l’instinct. Je n’ai pas forcément à l’avance l’idée de la façon dont je vais transformer le produit. Je réagis au moment selon mon envie et les associations que je veux créer. Il y a toujours un côté ludique avec le jeu des textures, et visuel avec celui des couleurs. L’important est de respecter le goût, ne pas mettre de bouillon, pas trop de sel. J’aime faire découvrir de nouveaux aliments à mes clients, qu’ils retrouvent, par exemple, le plaisir des papilles avec les anciens légumes. Mon défi est de leur faire plaisir en restant au plus près de l’essentiel et du produit local.» Je retrouve cette exigence et ce souci de créativité quand je m’attable chez Helveg à Genève. C’est le premier restaurant-boutique végane à avoir ouvert en Suisse romande, en 2011. A l’origine du projet, Caroline Fauran «ne voulait pas d’un resto végétarien de plus qui sentirait le navet fané». On trouve donc sur sa carte des propositions rigolotes qui font envie, et qui, une fois en bouche, explosent en saveurs curieuses et en parfums étonnants. Un voyage gustatif qui me prouve que l’on peut se faire du bien en jouant la carte de la fantaisie.


Mon carnet d’adresses
Alver, Chardonne, www.alver.world/fr
Helveg, Genève, www.helveg.ch
Rachel Jungo, Fribourg, marchés des mercredis et samedis matin


PHOTO: WWW.SHUTTERSTOCK.COM/OKRASIUK

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