La clim’, amie ou ennemie?

Quand le mercure s’affole, elle nous évite de fondre sur place. Mais pousser la climatisation à fond n’est pas toujours souhaitable. Décryptage des idées reçues (ou pas).

C’est un vrai nid à microbes !
Vrai, si on l’entretient mal. Le problème? La présence d’eau stagnante. En cas de grosse chaleur, de la condensation (liée au contact de l’air chaud sur la batterie froide) peut s’écouler dans un réservoir. Un endroit de rêve pour les bactéries et les champignons qui y prolifèrent et se dispersent ensuite dans l’air dès qu’on allume la clim’. A la maison, on vide le réservoir 1 ou 2 fois par semaine en été, puis on le nettoie soigneusement à l’eau et au savon avant de le remettre en place. Et au bureau, on vérifie que les services d’entretien passent régulièrement s’en occuper. Pas de panique, les contaminations à la légionellose sont très rares, car le germe responsable ne peut se développer que dans une eau très chaude.

Grâce à elle, j’échappe à la pollution
Vrai. La clim’ améliore la qualité de l’air intérieur car ses filtres bloquent pollens, particules et même polluants gazeux liés à la circulation automobile. Une étude récente a même montré que les personnes qui n’utilisent pas la clim’ chez elles et laissent les fenêtres ouvertes courent plus de risque d’être hospitalisées pour des problèmes respiratoires ou cardiovasculaires dans les zones très polluées.

Clim’ ou ventilo, c’est pareil: le torticolis me guette
Faux. Avec un ventilo, la sensation de rafraîchissement est liée au mouvement d’air, mais celui-ci reste chaud. La clim’, elle, souffle de l’air frais. Si elle est mal positionnée et qu’on reçoit ce flux d’air en permanence dans le dos ou sur la nuque, des contractures musculaires et des douleurs peuvent apparaître. Mieux vaut donc éviter d’être assise sous ou dos à la clim, quitte, au bureau, à demander un réaménagement.

Magasin surclimatisé: malaise (presque) assuré
Vrai. Au-delà de 5-6 °C de différence entre l’extérieur et l’intérieur, on risque un choc thermique. Voilà pourquoi on peut se sentir au bord du malaise dans une pièce trop climatisée ( frissons, maux de tête, vertiges…). La solution: garder toujours un gilet et un foulard à portée de main pour parer ces différences de températures inévitables dans les lieux publics, voire même au bureau. Pour la même raison, on se méfie en montant dans sa voiture stationnée en plein soleil. Si le thermomètre affiche 34 °C dehors, on règle sa clim’ à 28 °C, pas à 23! Et à l’arrivée, on la coupe quelques minutes avant de sortir du véhicule pour s’acclimater à une température plus chaude.

La clim’ à fond au bureau… J’ai attrapé une angine!
Vrai… en partie. Un trop gros écart de températures avec l’extérieur pousse l’organisme à réagir pour se défendre contre le froid. Résultat: nos défenses immunitaires s’affaiblissent. Les virus et les bactéries déjà présents dans notre corps en profitent alors pour se développer, d’autant que l’air froid et souvent sec de la clim’ assèche et fragilise nos muqueuses.

Je suis allergique, j’ai plutôt intérêt à m’en méfier
Pas forcément. Elle bloque une grosse partie des pollens, notamment en voiture. En asséchant légèrement l’air, elle combat aussi acariens et moisissures si elle est bien entretenue, car les indésirables peuvent s’accumuler sur les filtres. Il faut donc passer un chiffon humide sur la grille et rincer le filtre intérieur sous l’eau une fois par semaine. En revanche, si elle assèche trop l’air, les muqueuses deviennent plus vulnérables aux allergènes: un humidificateur d’air s’impose alors.

C’est plus écolo en voiture
Faux. D’abord, la clim’ entraîne des émissions de gaz à effet de serre. Mais, d’après l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), elle augmente aussi la consommation de carburant de 10 à 25%. Cela dit, rouler fenêtres ouvertes fait perdre à la voiture de son aérodynamisme et augmente aussi la consommation (jusqu’à 20%, surtout au-delà de 80 km/h). Si, en ville, on évite de la brancher systématiquement, on n’hésite pas sur la route des vacances: un réglage à 25 °C, au lieu de 20 °C, permettrait de réduire la dépense en carburant de l’ordre de 5%. Et on utilise le bouton «recyclage de l’air» pour récupérer l’air frais de l’habitacle et réduire l’énergie consommée par le système.

Clim’ et lentilles de contact ne font pas bon ménage
Possible. Surtout avec les grosses clim’ centralisées des open space, par exemple. En circulant à travers de longs tuyaux, l’air s’assèche et peut causer une gêne chez celles et ceux qui ont les yeux sensibles. Pour retrouver un air «confortable», on installe un humidificateur d’air ou un linge humide sur la clim’. Et, pour les lentilles, on pense aux larmes artificielles.

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