Culture Livres #16

Rester chez soi pour lire, ou lire pour ne pas rester chez soi? Tout est possible avec ces livres qui invitent en douceur à l’évasion, aventureuse ou onirique!


Le Royaume des oiseaux
Le fantôme léger de cette histoire d’enfances et de souvenirs voit de l’autre monde la fin irréversible du «château», propriété d’une grande famille maintenant ruinée. L’évoquant avec une nostalgie très fine, Marie qui eut le bonheur d’adorer ce lieu en perdition, riche de son passé, réserve cependant quelques piques aux mâles du clan, inconscients de ce qu’ils devaient à leur petit royaume… Marie Gaulis, avec son raffinement coutumier, signe un petit bijou de subtilité, de poésie et d’humour triste!
De Marie Gaulis, Ed. Zoé, 2016, CHF 19.50

Le Baron
Plusieurs auteurs romands cassent, depuis quelques années, le cliché des villes suisses «propres en ordre» en y situant leurs polars, glauques ou violents. Daniel Abimi contribue au massacre, ressuscitant avec son Baron une figure bien connue de la «vie nocturne» (euphémisme pour dire qu’elle frôle le milieu) lausannoise de la fin du siècle dernier. Gouaille et violence, mensonges et compromissions: un petit monde pas joli-joli mais un personnage haut en couleurs brossé avec une certaine admiration et qui rappellera peut-être quelques souvenirs!
De Daniel Abimi, Ed. Campiche, 2015, CHF 33.–

Aujourd’hui dans le désordre
Vous qui louez vos chambres à Airbnb, sachez qu’une tempête de neige risque de vous confiner chez vous en compagnie d’hôtes pas forcément agréables! C’est ce qui arrive aux héros de ce premier roman qui fait basculer un appartement de Genève, naufragé de l’enfer blanc, dans une ambiance hitchcockienne très réussie: elle a valu à son jeune auteur le Prix des écrivains genevois 2014, et maintenant un lancement qui annonce en toute simplicité la relève de Joël Dicker!
De Guillaume Rihs, Ed. Kero, 2016, CHF 25.40

Adieu Lénine
La mythique chute du rideau de fer fut certes une raison d’espérer en l’ouverture du monde, mais le mot «chute» laissait également planer quelques craintes… Ancien prof d’histoire et de géographie, voyageur et amoureux de l’ex-empire des tsars puis des Soviets, de Moscou aux pays baltes, le Fribourgeois Jo Berset est retourné dans ces régions explorées autrefois pour en percevoir l’évolution, les espoirs – les dangers, aussi. Son «rapport», décourageant par certains côtés, passe heureusement les mauvaises nouvelles au filtre de sa plume alerte et de sa connaissance affectueuse des lieux et des cultures. Un beau voyage en tout cas!
De Jo Berset, Ed. Attinger, 2015, CHF 32.–

Romantisme: Mélancolie des pierres
L’historien de l’art suisse accompagne d’un beau catalogue l’exposition de la Fondation Pierre Arnaud. Toute de verre, l’institution de Lens (VS) propose en effet une ode à la pierre dans un panorama du romantisme pictural, inspiré par la littérature dans sa passion pour la nature, ses roches et ses montagnes tragiques, ou l’architecture, ruines d’églises, de palais antiques, de tombeaux… Des pierres toujours précieuses, signes de pérennité au milieu du chaos, et dont l’iconographie restitue une étonnante modernité graphique.
De Christophe Flubacher Ed. Favre, 2015, CHF 28.–


EN VENTE DANS LES LIBRAIRIES PAYOT – www.payot.ch

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