La fin d’un tabou féminin

Il y a parfois certaines pudeurs, certaines gênes, à l’origine de vies entre parenthèses ou même brisées. La chirurgie intime fait partie de ces sujets que l’on n’ose pas aborder. Interview avec l’un des experts mondiaux les plus respectés dans ce domaine, Dr Stéphane Smarrito de la Clinique de Montchoisi à Lausanne.

La tendance est perceptible depuis plusieurs mois. Jusqu’alors assez taboue, la reconstruction de la sphère intime féminine, appelée aussi nymphoplastie, accède à une notoriété grandissante après de nombreuses années d’opprobre. Qu’est-ce qui a changé dans les consciences pour qu’on assiste à une telle reconnaissance sociétale?

Halte aux idées reçues
La chirurgie de la zone intime est un domaine que Dr Stéphane Smarrito connaît bien. Il est considéré par ses pairs comme l’un des pionniers dans le développement de la technique chirurgicale au laser, en passe de devenir la norme aujourd’hui. Depuis les dix ans qu’il étudie le sujet, il entend toutes sortes de jugements de valeur en parfaite méconnaissance de la réalité: «C’est une erreur fondamentale de penser que les femmes consultent pour améliorer leur apparence physique. Ici, on ne se situe pas dans un rapport au corps comme la chirurgie esthétique, on n’impose pas de modèles.»

Souffrir en silence
Pour preuve, dans une étude qu’il a menée sur plus de 250 patientes, la première cause de consultation est celle d’une gêne fonctionnelle majeure: 76% des femmes souffrent, ou sont dans une situation d’inconfort probant, lorsqu’elles portent certains vêtements ou sous-vêtements. De même, 20% sont incommodées durant les activités sportives. Par exemple, 100% des patientes atteintes d’hypertrophie labiale et qui pratiquent de l’équitation, du vélo ou du VTT, voire du footing, souffrent en silence à la suite d’irritations et d’hématomes. Dans 37% des cas, elles sont victimes de dyspareunie, des douleurs qui surviennent lors des rapports sexuels. Dans ce cas, la vie intime est impactée, avec des conséquences émotionnelles et psychologiques évidentes. «On a beaucoup sous-estimé que nous nous trouvons vraiment face à un problème d’ordre médical et non esthétique.»

Une technique révolutionnaire
L’intervention chirurgicale au laser développée par Dr Smarrito et pratiquée à la Clinique de Montchoisi porte le nom de Lambda laser nymphoplastie. Elle permet de diminuer et lifter les zones intimes qui retrouvent ainsi leur fonction anatomique et un aspect esthétique favorable. Cela offre à la fois une barrière contre les agressions extérieures et les maladies et améliore la sexualité. Unique en Europe, cette opération sans saignements, grâce à l’incision au laser, procure des résultats d’un naturel saisissant et une précision au millimètre près. «L’important est d’appréhender la zone dans sa globalité pour lui permettre de retrouver au maximum ses fonctions et son apparence normales. C’est une chirurgie du sur-mesure.»

Après l’intervention, le discours des patientes est toujours le même: «Si j’avais connu cette solution avant, je l’aurais réalisée depuis longtemps, car tout cela m’a cassé les pieds toute ma vie.» Un vrai sentiment de libération.


Dr Stéphane Smarrito
FMH en chirurgie esthétique à la Clinique de Montchoisi, Lausanne, Dr Smarrito exerce depuis bientôt dix ans en Suisse au sein du groupe Swiss Medical Network. Il est membre de la Société Vaudoise de Médecine.

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