Lorsque l’enfant paraît…

Donner la vie, quoi de plus naturel? Pourtant, cet acte ancré de manière atavique dans nos gènes se révèle parfois semé d’embûches pour certains couples. Les conseils avisés des Drs Alexandra Ambrosetti, Gabriel de Candolle et Georges-Antoine de Boccard, tous membres du Centre de Procréation Médicalement Assistée (CPMA) de la Clinique Générale-Beaulieu à Genève nous éclairent sur le champ des possibles.

Hic et nunc
Les chiffres sont têtus. Même si les femmes conçoivent leur premier enfant toujours plus tard, leur courbe de fertilité n’a pas changé: si l’on doit avoir recours à la fécondation in vitro (FIV) à 38 ans, la probabilité de grossesse est de 15%; à 42 ans, elle fluctue entre 2% et 5%; et à 43 ans elle est exceptionnelle. « L’idéal est d’enfanter entre 25 et 35 ans», précise le Dr de Candolle.

Bébé vs business
En effet, le point cardinal lorsque l’on aborde la procréation médicalement assistée reste bel et bien l’âge. «On a trop bercé les femmes dans l’illusion qu’elles pourraient repousser leur maternité après leur carrière. Il faut bien réaliser qu’à partir de 40 ans, la médecine s’avère bien moins performante. C’est un message de société. Entre fonder sa famille ou sa carrière, chaque femme doit se poser la question: si donner la vie est important pour moi, je ne peux pas compter sur la médecine pour être enceinte à 40 ans», insiste le Dr Ambrosetti.

35% de réussite!
Avec près de 450 cycles par an à son actif rien que pour la fécondation in vitro (FIV), le Centre de Procréation accueille d’une part les femmes qui ont essayé de tomber enceintes depuis un an sans y parvenir – six mois si elles ont plus de 35 ans – et celles qui ont subi des chirurgies ou des pathologies (infections des trompes, problèmes d’ovulation, endométriose, etc.). «Dans ces cas-là, nous parvenons à augmenter les chances de grossesse de manière significative», se réjouit le Dr Ambrosetti. «La probabilité de réussite d’une FIV de 25 à 35 ans atteint les 35%. Evidemment, lorsque l’on répète le traitement, le pourcentage s’élève.»

La technologie
La chirurgie réparatrice est également un moyen précieux pour restaurer la fonction reproductrice. «Il n’est pas rare de retrouver une fertilité satisfaisante dans les mois qui suivent l’opération», se réjouit le Dr de Candolle, lequel a notamment réalisé la première reperméabilisation tubaire au robot en Suisse romande. «L’une des forces de notre centre est d’organiser des colloques multidisciplinaires réguliers pour permettre aux spécialistes de mettre en commun leurs visions et leurs expériences», ajoute le Dr de Boccard, pionnier de la microchirurgie réparatrice et de la microchirurgie robotassistée de la fertilité. «Nous n’avons de cesse de nous surpasser et ne ménageons ni nos efforts ni notre temps pour offrir aux couples la meilleure qualité de prise en charge. J’insiste sur la notion de couple, car il est possible d’améliorer aussi le plan masculin. Les robots chirurgicaux nous aident par exemple à corriger un défaut anatomique comme une varice afin de rétablir le sens de la circulation sanguine et la fertilité. Par ailleurs, à partir de 40 ans, les extrémités des chromosomes dans les spermatozoïdes sont attaquées par le stress oxydatif, ce qui peut les rendre sournoisement moins – ou mal – fécondants et provoquer des fausses couches. Dans ces conditions, pour améliorer la qualité du sperme, il est recommandé de prendre un extrait de plante: la maca noire, étudiée par l’EPFZ, pour lutter contre les effets du stress oxydatif et augmenter le nombre et la mobilité des spermatozoïdes. Ou quand le naturel s’avère un bon complément à la technologie la plus poussée.» Il ne reste plus qu’à se mettre à l’ouvrage…


Le Centre de Procréation Médicalement Assistée (CPMA) de la Clinique Générale-Beaulieu à Genève comprend six gynécologues et deux urologues ainsi qu’un laboratoire de quatre techniciens. Ce centre privé et indépendant, à la forte attache universitaire, s’oriente particulièrement vers la recherche.

www.beaulieu.ch/centre_cpma

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