Mon ventre, j’en fais un allié

Un ventre qui va bien… Et tout le reste suit! C’est, en gros, ce qu’on peut retenir des recherches scientifiques récentes. Et si on se regardait un peu le nombril pour être en forme?

Serait-ce le nouveau Graal en médecine? Le microbiote, c’est-à-dire la flore de nos intestins, serait une source d’explications (mais peut-être aussi de traitements) à des dizaines de maux. Rien qu’en juin des publications scientifiques ont été publiées par dizaine sur le sujet. Et viennent toutes corroborer les précédentes: un déséquilibre au niveau du ventre (et en particulier de la flore intestinale donc) pourrait avoir un lien avec un état dépressif, des allergies, certaines maladies inflammatoires ou encore Alzheimer et Parkinson. Les chercheurs veulent même soigner notre tension et notre coeur en modifiant notre microbiote. Car, et c’est là que les scientifiques misent gros, un ventre en pleine forme envoie au cerveau les bons messages, via les neurotransmetteurs, pour éviter les petites déprimes ou les gros bugs. Il joue aussi le rôle de filtre en évitant l’accumulation des toxines et forge un bon bouclier antivirus. Ne reste plus qu’à chouchouter nos intestins pour que tout roule. Mode d’emploi.

Apaiser les tensions
Le réflexe quasi magique en cas de douleurs? Se mettre au calme et respirer par le ventre pendant quelques minutes, en le gonflant bien comme un ballon sur chaque inspiration et en le rentrant sur chaque expiration. Pourquoi ça marche? «Respirer ainsi permet de réassouplir le diaphragme, ce muscle situé en haut de l’abdomen qui effectue un brassage des viscères (estomac, intestin…) lorsqu’il monte et descend. C’est indispensable, surtout si on est stressée et qu’on respire plutôt avec le haut du corps». Si on est sujette aux maux de ventre ou aux troubles digestifs de type constipation, on pratique la respiration abdominale tous les jours, pendant au moins 6 mois pour que ça devienne plus automatique.

Je le fais vibrer
On place les doigts bien à plat et on suit le trajet du côlon (dans le sens des aiguilles d’une montre): on part du bas du ventre à droite, puis on remonte jusque sous les côtes et on effectue un mouvement transversal jusque sous les côtes à gauche, avant de descendre jusqu’en bas sur le côté gauche et on recommence. Au départ, on effleure, puis, au fur et à mesure que le ventre se détend, on appuie un peu plus fermement, pendant 5 à 10 min. Un point particulièrement douloureux? On s’y arrête pour effectuer une pression en petits cercles pendant quelques secondes. «Si la douleur est trop vive, mieux vaut faire des petits tapotements, par exemple avec le point fermé, plutôt que d’appuyer. Ça entraîne un effet vibratoire qui vient détendre les tensions». Si on mange en vitesse entre deux rendez-vous ou la tête ailleurs devant la télé et dans un brouhaha captif, la digestion coince. La parade: manger au calme, se concentrer (vraiment) sur ses sensations lorsqu’on déguste pour retrouver, notamment, celle de la satiété. Concrètement: on mastique bien (ça permet d’absorber moins de gaz et de mieux les évacuer) et on s’amuse à identifier une à une les saveurs et textures des aliments, pas en permanence, mais au moins une fois par jour. Pour apprendre à manger en pleine conscience, on mise sur des livres parus ces derniers mois: Vivre en pleine conscience: manger, du moine bouddhiste Thich Nhat Hanh (Belfond), Réapprendre à manger, l’alimentation en pleine conscience, du Dr Jan Chozen Bays (Les Arènes).

Je vis à son rythme
Notre ventre a besoin de repères. Ça veut dire manger plutôt à heures fixes, éviter les gros écarts (un coup salade ultra-light, un autre combo entrée/burger/part de tarte) et essayer de ne pas trop se décaler. Le week-end, même si on a fait la grasse mat’, on garde ses 3 repas par jour, quitte à ce qu’ils soient plus légers. Et on prévoit du temps le matin pour notre petit rendez- vous aux toilettes: c’est à ce moment-là que la poussée se fait le plus naturellement pour déjouer la constipation. Je m’active (et lui aussi). Un bon tonus abdominal est essentiel pour un ventre qui fonctionne bien. Plutôt que d’enchaîner des séries d’abdos, autant trouver une activité qui nous fait bouger, qui nous déstresse au passage et qui renforce nos muscles en profondeur. A chacune de trouver le sien: ça peut être du yoga, de la natation, du pilates… «Si le transit coince ou qu’on a beaucoup de gaz, les mouvements qui ramènent les jambes vers le ventre (le vélo, l’aquagym), sont particulièrement bénéfiques », note le Dr Warnet, gastroentérologue, co-auteur des Secrets de l’intestin, filtre de notre corps (Albin Michel). Sans oublier que, dès qu’on marche suffisamment, l’intestin se (re)met naturellement en mouvement avec, à la clé, moins de blocages, de problèmes de digestion ou de transit.

Je fais le plein de fibres
«Il faut suffisamment de fibres alimentaires pour nourrir le microbiote qui, en retour, va bien réguler le fonctionnement intestinal et tout le reste du corps», rappelle le Dr Warnet. L’idéal: atteindre 20 à 30 g par jour. Mais un peu moins au départ, car, prises d’emblée en trop grande quantité, les fibres peuvent augmenter les gaz, c’est d’ailleurs souvent le signe d’un microbiote perturbé. On force notamment sur les «amidons résistants». Où les trouver? Dans le riz, les pâtes ou les pommes de terre qu’on consomme plutôt froids en salade car l’amidon se transforme après 4 h passées au frigo. Les autres sources: banane, châtaignes, légumineuses, pain et céréales complets, avoine, orge, etc. Il nous faut aussi des fructanes, une autre famille de fibres présentes dans l’ail, l’oignon, le poireau… Et on a tout bon en mangeant un max de fruits et légumes (plutôt cuits), qui apportent polyphénols et fibres solubles. Enfin, on boit suffisamment (1,5 l d’eau par jour) pour échapper aux petits blocages digestifs.

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