Very good trip!

Il est Américain, elle est Suissesse. Il est grand, elle est petite. Il a le sens de l’absurde, elle a celui de la dramaturgie. A priori, tout les oppose, mais une fois assemblés sous le nom Les Diptik, Céline Rey et David Melendy forment un duo poétique, entre art clownesque et théâtre, qui ne manque ni de faire rire ni d’interroger. Céline Rey nous dit comment…

Votre rencontre avec David était-elle une évidence?
Pas du tout! Nous avons suivi tous deux la même formation à l’école du Théâtre de mouvement Dimitri, mais c’est au cirque Monti que nous avons réellement travaillé ensemble, en montant un numéro de clowns. Au-delà de la complicité, le duo s’est construit à force de travail.

Créez-vous à chaque fois de nouveaux personnages ou les faites-vous évoluer au fil des spectacles?
Bonne question! Je crois que le processus se fait malgré nous. Traditionnellement, il y a un clown blanc qui fait figure d’autorité et un clown rouge qui la brave. Si l’autorité est indispensable dans l’art clownesque, rien n’empêchait vraiment d’avoir des renversements de situation pour que chacun puisse exprimer son grain de folie. Travailler des personnages différents permet de malaxer les clowns à notre guise, de trouver de nouvelles nuances, mais l’essence du clown reste la même. Comme nous allons chercher des traits de notre personnalité que l’on exagère, les personnages ont forcément une teinte qui nous appartient.

Comment est née l’idée d’entrecroiser l’univers du théâtre et celui du cirque?
Le clown a un contact direct avec le public, mais il n’a pas vraiment d’histoire. Il fait son numéro, il fait rire et il s’en va. En le plaçant dans une histoire, il pouvait faire plus, à condition que l’univers théâtral soit assez décalé pour lui permettre de rester clown quand même. Dans Hang Up, nous avons inventé une situation irréelle, à la Samuel Beckett, autour du thème de la réincarnation. Un monde entre deux, situé juste après la mort et juste avant la vie. L’idée était de sortir du clown «poët! poët!» pour montrer qu’il peut, aussi, nous plonger dans une forme de questionnement…

Cette dimension tragicomique est-elle l’ADN des Diptik?
La tragédie est un aspect inhérent au clown. Notre humour touche à nos fragilités d’êtres humains. Le sujet de la réincarnation était un thème idéal pour aborder la question du choix qui reste très actuelle. Dans le prochain spectacle, le thème portera plutôt sur l’accélération du monde… Et quel regard portez-vous sur ce monde? Je suis perturbée par les changements rapides de la société et, en même temps, très curieuse de voir ce que cela va donner! Je suis émerveillée par tout ce que l’humain invente, par les nouvelles technologies, mais cela remet en question une foule d’habitudes et de coutumes. Le rapport humain est en train de se modifier, non?


2013
Naissance du duo Les Diptik sur la piste du cirque Monti. «Après le numéro, on s’est dit: « Ouf… il y a encore du boulot! »»

2015
Participation à la Bourse Suisse aux Spectacles de Thoune. «Ça nous a ouvert les portes du théâtre.»

2016
Voyage au Népal avec Clowns Sans Frontières. «On est revenus avec une valise de possibles en tant que clown…»

2030
Tournée en Californie. «David a 6 enfants, moi 4, ce qui fait encore plus de petits clowns sur la piste!»

Dates des prochains spectacles sur www.lesdiptik.com

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