Y a-t-il un pilote dans l’auto?

Sans volant, sans poignées, et finalement sans conducteur, la voiture du futur, c’est déjà maintenant… attachez votre ceinture, ça décoiffe!

Alors qu’il y a quelques années, on imaginait la voiture du futur comme un bolide caréné par Pininfarina flirtant avec les 300 km/h, et nous obéissant au doigt et à l’oeil, force est de se rendre compte aujourd’hui que la donne a radicalement changé et que ce sont les avancées technologiques liées à la voiture connectée qui connaissent un essor fulgurant. Cerise sur le bouchon de radiateur, le concept même de «posséder» une automobile, à l’instar de la musique, sera peut-être un jour obsolète. Un changement de paradigme à 180 degrés.

ELLE A FAIT UN TRAJET TOUTE SEULE
Nul doute sur ce point: nous vivons un tournant de l’histoire de l’automobile: la berline sans chauffeur est à nos portes. A essence ou électrique, c’est selon, le conducteur aura bientôt le droit d’avoir obtenu son permis de conduire dans une pochette surprise. Linda Jackson, directrice générale de Citroën, ne dit pas autre chose: «A l’image de nos sociétés, l’automobile de demain sera toujours plus connectée. C’est un sujet central pour nous et nous le proposons déjà avec nos services Citroën Connect Packs qui permettent à nos clients d’être informés sur leur smartphone de la consommation et des échéances d’entretien de leur voiture ou encore de la géolocaliser en temps réel, par exemple pour retrouver leur place de parking ou en cas de prêt ou de vol! Demain, nous irons plus loin et travaillons déjà notamment sur un véhicule autonome. En octobre dernier, un prototype conçu sur la base d’une Citroën C4 Picasso a ainsi parcouru le trajet Paris–Bordeaux en mode autonome sur autoroute. Une première pleine de promesses pour l’avenir!»

L’eCALL, C’EST POUR 2018
A signaler aussi l’arrivée du système d’appel d’urgence eCall, validé par la Commission européenne et qui ne devrait pas tarder à être implanté en Suisse. Dès 2018, tous les véhicules neufs en Europe seront équipés de ce système. Ainsi, en cas d’accident ou de danger, le véhicule sera localisé et il sera possible de porter assistance aux occupants, même si le conducteur est inconscient ou incapable de passer un appel.

ATTENTION DANGER
Si la technologie pallie nos défaillances, elle n’est de loin pas exempte de ses propres failles: pour preuve, sa fragilité actuelle à résister à la malveillance informatique. Et foin d’angélisme, il faut se préparer au pire: la majorité des voitures volées fait déjà l’objet de mouse jacking, autrement dit d’un piratage qui pénètre à l’intérieur des systèmes de sécurité du véhicule pour le dérober sans effraction physique. Plus préoccupant encore, le cas de prise de contrôle à distance comme l’a démontré une expérience en juillet 2015 sur une Jeep Cherokee. Volontairement hackée par deux chercheurs américains, la Jeep s’est mise à modifier brusquement sa vitesse, freiner, changer de direction ou encore se verrouiller seule, laissant son conducteur impuissant et vulnérable. Il devient donc urgent pour les constructeurs de développer une stratégie informatique qui permette de se prémunir contre ce type d’attaques d’un genre nouveau. Morale de l’histoire: nous ne sommes pas (encore) entièrement inutiles dans le véhicule.

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