L’humour qui cartoon!

On le croirait sorti tout droit d’un Tex Avery. Qu’il incarne un client timide, un orchestre déjanté ou un père au bord de la crise de nerfs, Karim Slama mêle habilement l’univers du burlesque et celui du dessin animé. Actuellement sur scène avec son spectacle «Sur-Mesure, le best-of à la carte», le Lausannois s’amuse de tout, et de tous, en cultivant un humour empreint d’optimisme et de naïveté qui fait du bien!

A quel moment comprenez-vous que «faire rire» est une nécessité?
A l’école, il y avait des cours d’improvisation théâtrale. A 13 ans, j’ai découvert la relation au rire mais surtout au rire qu’on provoque. Ça m’a procuré un tel bonheur que c’est devenu évident! C’est comme une drogue, en fait, on en veut toujours plus. A 18 ans, j’ai intégré la Ligue d’improvisation professionnelle suisse et fait mes débuts dans les mondiaux d’impro à Montréal.

Que vous a appris cette discipline?
Une capacité instantanée d’inventer et d’oser inventer sans me censurer. Quand vous écrivez un sketch, vous êtes toujours dans une forme d’autocritique. En impro, c’est impossible, on ne peut pas corriger ce qu’on vient de dire… il faut faire avec! C’est une très bonne école qui permet de tester un panel incroyable de personnages et de situations, même si l’écriture a l’avantage de les peaufiner. Aujourd’hui, vous avez une particularité, celle d’être accompagné d’effets sonores…

Est-ce une signature?
Oui, quand même! J’ai été très inspiré par l’univers de Courtemanche, mais je voulais me démarquer. J’avais aussi besoin de sortir de l’improvisation et montrer que j’étais capable de faire quelque chose de très millimétré. Entre l’univers visuel que j’avais identifié en tant qu’improvisateur et celui de Courtemanche qu’on ne voyait presque plus, j’avais une petite fenêtre pour un one man show. Mon premier spectacle était mis en scène à la manière d’un film avec une bande-son. Avec le recul, c’était démesuré car pour avoir une minute de son, il fallait cinq heures de studio! En plus, tout mon jeu était calé sur les bruitages, il fallait être synchrone. Aujourd’hui, c’est le son qui m’accompagne et le technicien qui s’arrache les cheveux!

Qu’est-ce qui vous fait rire?
Tous les petits accidents de la vie, les gens dans leur simplicité et aussi l’humour noir parce que j’en suis incapable!

En 2016, vous avez mis en scène Titeuf avec «Le Pestacle»… C’était risqué de reprendre un personnage aussi célèbre?
Oui, mais j’avais envie de monter un spectacle populaire avec une troupe. Titeuf m’est apparu comme un flash d’autant qu’il n’avait jamais été adapté au théâtre. Le risque était à la fois financier et commercial, mais heureusement le spectacle a été très bien accueilli.

Votre force comique est si visuelle que vous pourriez presque vous passer de parole. Y avez-vous déjà pensé?
C’est justement le défi de mon prochain spectacle, je suis en pleine écriture! J’ai envie de raconter des choses légères par le biais d’un drame dans un langage totalement visuel, mais avec une petite voix off, comme guide narratif, histoire de ne pas perdre le public en cours de route… C’est si vite fait!

 

2001: Premier one man show. «A la fois un objectif atteint et un nouveau départ.»
2015: Participation au spectacle «Fabrikk» de Karl’s kühne Gassenschau. «Intégrer cette troupe faisait vraiment partie de mes rêves!»
2016: Met Titeuf en scène. «Je change de statut en devenant producteur. Une grosse responsabilité d’embarquer avec soi 40 personnes!»
2021: Produit un grand show avec sa troupe. «J’aime réunir les gens et cultiver les talents!» www.karimslama.ch.

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